Patrimoine

Les deux églises :
L'église Saint Milliau

EgliseStMilliauLe premier édifice fut implanté dès le Haut Moyen Age, au moment de la fondation de la première paroisse. Il fut restauré au début du VIIIème siècle, et bénéficia d’une restructuration aux XIIème et XIIIème siècles. L’église actuelle a été édifiée par l’atelier Philippe Beaumanoir de Morlaix, à la fin du XVème siècle, dans le style gothique flamboyant. En 1589, pendant les guerres de la Ligue, elle est en partie détruite par un incendie qui épargne cependant le clocher-mur et le porche sud. Après l’édit de Nantes signé par Henri IV en 1598, la reconstruction de l’église est entreprise de 1602 à 1616, dans le style Renaissance. La politique de déchristianisation pendant la Révolution entraîne des dégradations et la destruction des symboles nobiliaires et religieux (la précieuse orfèvrerie est décimée, 23 statues sont détruites). C’est en 1868 que l’église connaît une nouvelle phase de restauration et d’agrandissement sous l’impulsion de l’abbé Villiers de L’Isle-Adam dont l’enfeu se loge dans le bas-côté nord. Le chœur prolongé de 5,7m confère à l’église un plan en croix latine. Ici l’architecture Beaumanoir qu’on retrouve dans tout le Trégor, s’impose par sa pureté, son classicisme et force l’admiration.

Pendant les mois de juillet et août, l’église est ouverte aux visiteurs qui peuvent découvrir la grandeur de la nef qui conduit au retable baroque, bleu et or, que domine la maîtresse-vitre monumentale où sont représentés, dans un bel œcuménisme, St Jean, St Mélar, St Milliau, St Yves et St Pierre. De part et d’autre du chœur, treize bas-reliefs polychromes, provenant probablement d’un jubé du XVIIème siècle, racontent la Passion du Christ. Dans la première travée, côté sud, subsiste un entrait décoré d’engoulants et des sablières originelles sculptées de monstres ailés, de gorgones et d’anges prolongeant les blochets. Dans le croisillon sud, La statue de l’Ankou, datant du XVIIème, a hanté l’imagination du jeune Anatole Le Braz dont le père a enseigné, à partir de 1861, comme instituteur dans l’école du bourg où a pris place l’actuelle mairie.

Le pardon de Saint Milliau a lieu tous les ans pendant le week-end de l’Ascension.

 

L’église de Keraudy

EgliseKeraudyL’église Notre-Dame de Keraudy dédiée à l’origine à Saint Jean fut fondée à l’origine par les Chevaliers-Hospitaliers de St. Jean de Jérusalem, ordre créé en 1113, en Palestine, pour desservir et défendre un hôpital de Jérusalem placé sous le vocable de saint Jean-Baptiste. Keraudy dépendait de la commanderie de Pont-Melvez et disposait d’une maison hôpital (dont les bâtiments existent toujours) où les moines suivaient les règles de leur ordre et distribuaient l’aumône trois fois par semaine. La première nomination d’un curé apparaît en 1541. En 1851, la chapelle de Keraudy fut érigée en église succursale de Ploumilliau et conserva un recteur jusqu’en 1960. Classée monument historique le 16 janvier 1935, l’église de Keraudy, construite dans le premier tiers du XVIème siècle, est un bel exemple du gothique flamboyant. Elle présente un plan en Tau(T).

Le retable dédié à la sainte Trinité et à L’Annonciation est particulièrement remarquable ; restauré en 1998, il a retrouvé sa beauté originelle. La décoration est extrême : des rinceaux de feuilles de vigne où se mêlent des oiseaux colorés font l’assaut des colonnes torsadées, coiffées de chapiteaux dorés ; guirlandes de roses, bouquets de palmes, volutes, figures angéliques qui émergent çà et là servent un ensemble où triomphent la ligne courbe, la couleur, le mouvement. Le retable de Keraudy est exemplaire du Baroque breton qui a connu son essor de 1660 à 1720.

Le pardon de Keraudy a lieu tous les ans le 1er dimanche de septembre.

 

Les chapelles :

Des sept chapelles qui existaient avant la Révolution, seules deux subsistent aujourd’hui :

La chapelle de Saint Kado

ChapelleStKadoSituée à proximité du bourg, elle fut restaurée en 1758. Elle dépendait de la seigneurie de Lanascol : on voit au chevet les armes des familles Quemper et Lanascol.

Le retable, en pierre et bois polychrome, date du XVIIIème siècle. Cette élégante chapelle est dédiée à Saint Kado, représenté guérissant les écrouelles.

Au pardon du Saint, le dernier dimanche d’avril, la procession va jusqu’à la fontaine située en plein champ et réputée pour soigner les écrouelles ou "mal de Saint Kado".

 

La chapelle de Christ

ChapelleChristAttribuée à l’origine aux Templiers, la construction actuelle, située dans un étroit placître fermé à l’est par un mur soigneusement appareillé, remonterait au XVIIème siècle.

Son pignon ouest supporte un clocher accessible par des marches aménagées sur le rampant.
Elle avait été restaurée en 1933 avant de refaire l’objet d’une rénovation importante par la commune qui s’est achevée en 2010.

Elle constitue le point central du hameau de "Christ", à proximité de la mer.

Le Pardon a lieu traditionnellement le 3ème dimanche de septembre.

 

L'Ankou :

AnkouArmé de sa pelle et de sa faux, affûtée sur le côté extérieur, l'Ankou met en garde contre l’oubli de la mort. Lors des enterrements, cette statue haute de 99 cm ornait avec une autre semblable le catafalque disposé autour du cercueil. Elle fut l’objet de multiples superstitions, et en 1845 un ordre diocésain décida son interdiction.

Anatole Le Braz, l’auteur de “La légende de la Mort” n’oublie pas de l’évoquer dans ses "Carnets intimes" : “C’est une statuette en bois jadis peinturluré, mais que le temps a recouvert d’une épaisse couche de poussière. Elle rappelle à certains égards les écorchés qui ornent bizarrement la plupart des cabinets d’histoire naturelle, mais le ventre se creuse d’un trou béant. Cet Ankou a été la terreur de mon enfance. Son voisinage troublait toujours mes jeunes prières. Il me souvient d’avoir vu de vieilles femmes s’agenouiller devant lui. On l’a surnommé dans le pays Ervoanik Pouillio, Yves de Ploumilliau (Avec le diminutif péjoratif). On ne vient jamais à Ploumilliau sans lui faire une visite”.

Avant sa place définitive, la statue fut reléguée dans la sacristie ; une photo ancienne la montre tournée vers l’extérieur, derrière la fenêtre protégée par une grille. L’Ankou de Ploumilliau est peut-être le dernier exemplaire qui subsiste aujourd’hui et en tout état de cause le mieux conservé de Bretagne.

 

La fontaine de la Tronkolaine :

En 1990, Morley Troman a sculpté cette statue de la princesse de Tronkolaine en s’inspirant d’un conte breton que François-Marie Luzel avait recueilli à Pluzunet, en 1888, auprès de Marc’harit Fulup. En 2005, François Hameury a réalisé ce socle en laiton qui s’épanouit en une large corolle. La fontaine rappelle, comme l’écrivait Morley Troman, que "l’eau est la plus grande richesse de la vie terrestre".

 

Châteaux et manoirs :

Ploumilliau ne compte qu’un château, celui de Lanascol. Celui-ci est cité comme moyenne-justice, appartenant à M. de Lanascol. Le château est encore dans Plouzélambre à la Réformation de 1427. La haute tour carrée date du XVème siècle et les autres corps de bâtiments ont été édifiés aux XVIIème et XVIIIème siècles. L’ensemble seigneurial comprend une chapelle privative et un très beau colombier sis en Plouzélambre.

Si la commune ne compte qu’un château, son territoire est en revanche très dense en manoirs. L’association locale "Hentoù Kozh" (voir page Associations) qui a édité en 1995 un ouvrage sur ce thème, en a dénombré plus de trente. Parmi les plus importants ou les mieux conservés on peut citer : Gwerginiou, Keranglas, Keranvod, Keranwern, Kerdu, Kerizoud, Kermenguy, Kersenan, Al Leurven, L’Isle, Rozlogod ... Cependant, toutes ces demeures sont des propriétés privées et ne se visitent pas.

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